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Dite d'Octobre, de Kippour ou de Ramadan, c'est le quatrième conflit entre Israël et ses voisins. Sa spécificité tient à la percée, temporaire, que les troupes égyptiennes et syriennes parvinrent à réaliser dans les lignes israéliennes. Bien que suivie d'un succès militaire hébreu, cette provisoire " victoire " fut vécue, du côté arabe, comme la revanche des humiliations subies en 1948, 1956 et 1967.
" Il n'y a plus d'espoir d'un accord pacifique, notre décision est de combattre ", annonce, en novembre 1971, Anouar Al Sadate, devenu président de l'Égypte l'année précédente. Cette déclaration de guerre avant la lettre - que personne, alors, ne prend au sérieux - témoigne du désarroi du Caire devant l'échec de ses tentatives diplomatiques. Israël, à l'époque, occupe toujours l'ensemble des territoires conquis au cours de la guerre des Six Jours en 1967, en particulier le Sinaï. La résolution 242 (voir Résolutions des Nations unies) du Conseil de sécurité de l'ONU, qui en préconisait la restitution aux pays arabes en échange de la paix, est restée lettre morte.
Seuls les États-Unis, pense en effet le Raïs, sont en mesure d'amener Israël à négocier. Mais seule une nouvelle guerre, ajoute-t-il, peut contraindre les grandes puissances à faire usage de leurs moyens de pression sur l'État hébreu. Du même coup, il pourra esquiver le mécontentement populaire qui gronde en Égypte, où le poids de la Défense devient d'autant plus insupportable que rien ne se passe. Telles sont les raisons, extérieures et intérieures, qui poussent Anouar Al Sadate à " une confrontation limitée " avec Israël : c'est dans ce but, explicitement affiché, qu'il cumule, en mars 1973, sa fonction avec celle de Premier ministre.
Sept mois plus tard, le 6 octobre, jour de la fête juive de Kippour, et en plein mois de Ramadan, les blindés égyptiens passent le canal, bousculent la ligne Bar Lev et s'enfoncent dans le Sinaï, tandis que les soldats syriens avancent de 5 kilomètres sur le plateau du Golan. Il faudra une semaine pour que les généraux israéliens se ressaisissent, et que leurs chars reprennent l'initiative sur les deux fronts. Et cela d'autant plus facilement que Sadate a arrêté l'offensive de ses hommes. Le général Ariel Sharon, outrepassant - déjà ! - les ordres, repasse le canal et file vers Suez. Le 17, double événement : dans le Sinaï une des plus grandes batailles de chars de l'histoire, et à Koweït la décision de l'embargo qui " déclare " la guerre du pétrole. Le 22, la résolution 338 du Conseil de sécurité des Nations unies est acceptée par l'Égypte et par Israël... qui, cependant, poursuit sa contre-offensive sur le terrain. Menace soviétique d'envoyer des troupes, " alerte nucléaire de troisième degré " des forces américaines : c'est dans un bras de fer inquiétant que les superpuissances interviennent, comme l'espérait Le Caire, pour ramener Israël, qui a perdu près de 2 500 hommes, à la raison...
(...)
Les espoirs d'Anouar Al Sadate allaient ainsi être déçus, du moins ceux de pourparlers internationaux garantis par les États-Unis et l'URSS : de fait, la conférence de Genève, à peine inaugurée, sera ajournée. Mais, la voie de la paix onusienne barrée, Le Caire devait en trouver une autre, ouverte par la Maison Blanche : celle qui mènera le Raïs, avec son homologue israélien, à Camp David. Dès après Kippour, Sadate était disposé - estimera en 1977 le colonel Kadhafi - à " conclure n'importe quelle paix avec Israël, pourvu qu'il puisse récupérer le Sinaï ".
Source : Les 100 Portes du Proche-Orient
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