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EN 1990, lorsque l'Irak envahit le Koweït et qu'éclate la crise du Golfe, de nombreux palestiniens de même que certains dirigeants de l'OLP soutiennent Saddam Hussein. Non pas qu'ils soient favorables à l'annexion de l'Irak, mais ils pensent que Hussein va pouvoir changer le status quo régional et par là même apporter une solution à la question palestinienne. Ils se trompent lourdement et c'est une erreur que l'OLP paiera cher. Après la guerre du Golfe, l'OLP se retrouve isolée diplomatiquement, de plus elle perd l'appui financier des monarchies pétrolières. L'OLP est au bord du gouffre.
C'est dans ce contexte que les Etats-Unis cherchèrent à stabiliser leur position au Proche-Orient en tentant de résoudre le conflit israélo-arabe. De leur côté, le Koweït et l'Arabie Saoudite étaient également soucieux de voir prendre fin ce conflit, source potentielle d'instabilité régionale. L'Administration américaine qui avait convaincu les pays arabes de se joindre à la coalition et qui avait fait l'éloge du New World Order se devait donc de relancer des négociations de paix. Les Etats-Unis firent pression sur le Premier ministre israélien Ytzhak Shamir pour que celui-ci accepte de participer à des négociations multilatérales avec les Palestiniens et les pays arabes.
La Conférence de Madrid débuta le 30 octobre 1991. A la demande des Israéliens, l'OLP en est exclue et le droit des Palestiniens à un Etat indépendant n'est pas reconnu. Malgré ses faiblesses (exclusion de l'OLP, portée limitée, mise à l'écart de l'ONU, marginalisation de l'Europe), cette conférence marque une reconnaissance internationale de la question palestinienne.
Au cours des négociations qui suivirent et qui eurent pour cadre Washington DC, les Palestiniens furent représentés par une délégation venant des Territoires Occupés. Toutefois pour pouvoir participer aux négociations, les participants palestiniens devaient avoir été "approuvés" par Israël. C'est ainsi que des résidents palestiniens de Jérusalem Est ne furent pas autorisés à participer aux négociations sous le prétexte que la ville faisait partie intégrante d'Israël! Bien qu'officiellement exclue des pourparlers l'OLP était en contact permanent avec les représentants palestiniens. Malgré de fréquentes rencontres, les négociations entre Israéliens et Palestiniens s'enlisèrent. Le Premier ministre israélien Ytzhak Shamir admettra d'ailleurs plus tard que son but était de faire traîner les négociations sur une période de 10 ans et de profiter de tout ce temps pour accentuer encore la mainmise israélienne sur les Territoires Occupés.
En juin 1992, Ytzhak Rabin devint le nouveau Premier ministre. Il promet alors la conclusion rapide d'un accord entre israéliens et palestiniens. C'est tout le contraire qui se produit: l'expulsion par Israël de 400 Palestiniens résidents des Territoires Occupés accusés (mais ni jugés, ni reconnus coupables) d'être des activistes islamistes mènent les négociations de Washington dans une impasse. Sous l'ère Rabin les conditions de vie des Palestiniens se détériorent dramatiquement. Tout cela entame la légitimité des négociateurs Palestiniens dont la plupart démissionnèrent.
Le manque de progrès dans les négociations de Washington, la détérioration des conditions économiques , les atteintes aux droits humains élémentaires dans les Territoires Occupés accélèrent l'émergence de mouvements islamiques radicaux qui remettent en cause l'OLP. Des organisations comme le Hamas (Mouvement de la résistance islamique) ou le Jihad islamique vont s'attaquer par la violence à l'occupant israélien. Par une ironie de l'Histoire, ce sont les autorités israéliennes elles-mêmes qui ont favorisé le développement des organisations islamiques avec pour but de diviser les Palestiniens. Mais au fur et à mesure que la popularité et l'influence des islamistes augmentaient les autorités israéliennes réalisèrent que le Hamas ou le Jihad islamique représentaient une menace bien plus importante pour Israël que l'OLP.
Finalement, l'impasse de Washington, la montée des mouvements islamiques radicaux et l'affaiblissement politique de l'OLP vont conduire Israël à ouvrir un nouveau canal de négociations avec l'OLP. Ces négociations secrètes mèneront aux Accords d'Oslo
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