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Les Accords d'Oslo

A la suite de la Guerre du Golfe, dans l'atmosphère du Nouvel Ordre Mondial, des pourparlers de paix débutèrent à Madrid le 30 octobre 1991 puis continuèrent plus tard à Washington. Les négociations s'enlisèrent, les représentants palestiniens n'acceptant aucune proposition ne leur garantissant pas un retrait substantiel et immédiat des troupes israéliennes des Territoires Occupés. Face à la détermination palestinienne, Israël chercha alors un autre interlocuteur. Alors qu'Israël avait toujours refusé de négocier avec l'OLP, des contacts furent pris puis des négociations secrètes furent entamées à Oslo directement avec des représentants de l'OLP, ceux-là mêmes qui avaient été exclus des pourparlers de Madrid et de Washington. Affaiblie financièrement et isolée politiquement à cause de son soutien à l'Irak pendant la Guerre du Golfe, jouant donc sa survie l'OLP accepta de négocier des accords pourtant très défavorables aux Palestiniens. Les pourparlers débouchèrent sur une Déclaration de Principes qui fut signée à Washington le 13 septembre 1993.

La Déclaration de principes était basée sur une reconnaissance mutuelle d'Israël et de l'OLP. L'OLP "reconnaît le droit de l'Etat d'Israël à vivre dans la paix et la sécurité". Pour sa part Israël reconnaît l'OLP comme "le représentant du peuple palestinien" … sans toutefois ne faire la moindre référence au droit des Palestiniens à l'autodétermination et donc à un Etat. La Déclaration de principes établit qu'Israël se retirerait de la Bande de Gaza et de Jéricho, puis que d'autres retraits auraient lieu dans d'autres endroits de Cisjordanie

Les questions clés comme l'étendue du retrait final israélien, la nature juridique de l'entité palestinienne qui devait voir le jour, l'avenir des colonies juives de peuplement, l'accès aux ressources d'eau, le problème des réfugiés ainsi que le statut de Jérusalem furent laissées de côté pour être discutées lors des négociations finales qui auraient dû avoir lieu à l'issue de la période intérimaire de cinq ans.

Durant cette période, l'Autorité Palestinienne fut établie, sorte d'"auto-gouvernement" (self-governing") ou de gouvernement d'autonomie qui dispose de certains pouvoirs (éducation, santé, affaires sociales) sur les régions qu'il contrôle. Le Conseil Palestinien (Palestinian legislative Council) fut élu en 1996. Quant à Yasser Arafat, il sortit facile vainqueur de l'élection à la présidence de l'Autorité Palestinienne.

Les accords d'Oslo ont mis en place un processus de négociations sans buts clairement définis. Ce processus aurait dû prendre fin en mai 1999. Il prit du retard, principalement par la faute des israéliens qui rechignèrent à respecter les promesses de retrait de certaines zones, qui continuèrent la politique colonisation des territoires palestiniens, qui ne voyaient dans les accords qu'un moyen de perpétuer leur occupation. De plus le Hamas ou le Jihad islamique répondirent par la violence et le sang aux provocations israéliennes, entraînant la région dans le cercle vicieux des représailles et de la violence et provoquant régulièrement l'arrêt total du processus.

Les élections israéliennes de 1996 virent le Likoud (droite) et son candidat Benyamin Netanyaou reprendre les rênes du pouvoir. Mr Netanyaou fondamentalement opposé aux Accords d'Oslo fit tout ce qu'il put pour freiner les négociations et éviter l'application des accords tout en ne manquant aucune occasion de rejeter la faute sur l'Autorité Palestinienne.

Pendant la période intérimaire, alors que les parties s'étaient engagées à ne rien entreprendre qui puissent influer les négociations finales, les gouvernements israéliens (Rabin, Peres, Netanyaou et Barak) firent construire ou agrandir de très nombreuses colonies, faisant même doubler le nombre de colons installés dans les Territoires Occupés. Annexant de larges pans de territoires palestiniens, un réseau dense de routes de contournement (by-pass roads) fut aménagé afin de permettre aux colons israéliens de voyager sans avoir à traverser les communautés palestiniennes.

Les négociations finales entre israéliens et palestiniens auraient dû débuter le 5 mai 1996, mais elle ne commencèrent réellement qu'en juin 2000. En juillet israéliens et palestiniens se retrouvèrent à Camp David pour un round de négociations qui allait tourner au fiasco. Deux mois plus tard, Ariel Sharon se promenait sur l'Esplanade des mosquées mettant ainsi fin à un processus qui s'il avait soulevé beaucoup d'espoir n'en était pas moins injuste, basé sur un rapport de force pour le moins inégal, arbitré par un juge (les USA) s'auto-qualifiant de honest broker mais au parti pris évident.