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Second conflit israélo-arabe, l'opération de Suez est marquée par la participation de la Grande-Bretagne et de la France, aux côtés d'Israël, à l'assaut contre l'Égypte. Les ingérences étrangères, qui s'enracinent dans l'évolution des alliances des belligérants de 1948-1949, auront des conséquences durables.
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Gamal Abdel Nasser, l'un des pères de ce que l'on nommera le Mouvement des non-alignés, né justement en 1955 à Bandoeng, impulse une " politique neutraliste ", qui inquiète aussi bien Washington que Londres et Jérusalem. Paris a, en outre, un compte particulier à régler avec le Raïs, accusé de soutenir activement la " rébellion " algérienne, dont les dirigeants sont les hôtes du Caire. Cette volonté de revanche s'ajoute à l'inclination " naturelle " de la SFIO, au pouvoir, pour Israël, si bien que le gouvernement français, comme celui de Sa Majesté, rêve de rééditer contre Nasser l'opération réussie en 1953 en Iran par les Américains contre le Dr Mossadegh.
Une série d'actes feront ainsi monter la tension de plus en plus haut. Février 1955 : les troupes israéliennes attaquent Gaza en " riposte " à des attentats. Septembre : les Occidentaux les lui refusant, l'Égypte annonce qu'elle se fournira en armes en Tchécoslovaquie. Octobre : la Syrie puis l'Arabie Saoudite signent un pacte militaire avec Le Caire, les forces des trois nations étant unifiées sous le commandement du chef de l'armée égyptienne, Abdel Hakim Amer. Avril 1956 : le Yémen se joint au dispositif. Juillet 1956 : Nasser annonce la nationalisation du canal de Suez - c'est la première fois qu'un pays du tiers monde récupère avec succès une de ses richesses naturelles - tandis que Paris et Londres mettent sur pied un état-major commun d'intervention. Octobre, enfin, est le mois décisif : le 23, Britanniques et Français préparent secrètement, à Sèvres, l'intervention contre l'Égypte, après avoir ravitaillé Israël en armes perfectionnées ; le 24, la nouvelle assemblée jordanienne se joint au pacte égypto-syro-saoudo-yéménite ; le 29, c'est la guerre. L'opération est baptisée " Kadech ", un nom qui rappelle les " aventures " de Moïse et des Juifs dans le Sinaï...
En six jours - déjà ! -, l'armée israélienne occupe le Sinaï, après avoir capturé 5 000 soldats et 100 chars T34 égyptiens. Le 31, Londres et Paris bombardent des objectifs égyptiens, Le Caire ayant repoussé leur ultimatum exigeant un retrait de la zone du canal. Cinq jours plus tard, malgré un cessez-le-feu décrété par l'ONU le 1er novembre, les soldats français et britanniques débarquent à Port-Saïd et Ismaïlia. Ils n'en partiront que le 22 décembre, sous la pression conjointe des États-Unis et de l'Union soviétique, qui contraindra également Israël à quitter le Sinaï et Gaza... le 14 mars 1957. L'opération s'avère donc un fiasco.
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L'heure des États-Unis - qui ont eu l'intelligence de s'opposer à l'aventure franco-britannique tout en ayant condamné la nationalisation du canal de Suez - est arrivée...
Source : Les 100 Portes du Proche-Orient
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