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Discriminations directes

Voici deux exemples de lois qui discriminent les palestiniens par la différence qu'elles font entre juifs et non-juifs.

Droits de citoyenneté et Loi du Retour
La Loi du Retour (Law of Return) garantit à chaque juif le droit d'immigrer en Israël. La loi sur la nationalité (Nationality Law) garantit la nationalité israélienne à tous les juifs qui s'établissent en Israël ainsi qu'à leur époux/épouse, enfants et petits-enfants s'ils satisfont les critères judéité prescrit par la Halakha (ensemble de la jurisprudence juive). Ce privilège du droit l'établissement et à la nationalité est réservé exclusivement aux juifs. Les palestiniens qui le désirent ne peuvent obtenir la nationalité que s'ils sont nés en Israël de parents possédant déjà le passeport israélien, s'ils sont résidents en Israël et qu'ils satisfont une longue liste de conditions ou par voie de naturalisation ce qui est extrêmement rare.

La Loi du retour est donc discriminatoire à l'égard des millions de réfugiés palestiniens qui sont empêchés de retourner sur leur terre d'origine. Le Comité pour l'implémentation de la Convention sur les Droits Economiques, Sociaux et Culturels a mis en évidence que la Loi du Retour "est discriminatoire à l'encontre des palestiniens de la diaspora à propos desquels le gouvernement israélien a imposé des exigences si restrictives qu'elles rendent quasiment impossible le retour des palestiniens sur leur lieu d'origine". Le même comité a de plus fait remarquer que les palestiniens déplacés à l'intérieur d'Israël* continuent d'être dépossédés de leur terres. En 1998, le Comité pour l'Elimination de la Discrimination Raciale a fait remarquer que "les droits de très nombreux palestiniens de retourner d'où ils viennent et de posséder leur maison sont niés par Israël", ce comité a par ailleurs recommandé à Israël d'accorder la plus haute importance à ce problème.

Statut spécial d'organisations juives.
Le Fond National Juif, l'Agence Juive et l'Organisation Sioniste Mondiale bénéficient d'un statut légal quasi-gouvernemental en Israël. Ce statut particulier fait de ces organisations une sorte de prolongement de l'Etat. Ces organisations juives très influentes n'oeuvrent que pour les juifs et ne représentent que les juifs. Cependant, elles prennent en charge certaines fonctions dévolues à l'Etat comme le registre foncier, le développement des terres de l'Etat, les projets d'urbanisation et les colonies. Elles agissent en coordination avec le gouvernement et elles bénéficient de privilèges fiscaux. Ces organisations quasi-gouvernementales qui ne représentent pas tous les citoyens d'Israël mais uniquement les citoyens juifs ainsi que les juifs de la diaspora exercent une influence considérable sur les leviers de décision de l'Etat d'Israël, particulièrement dans les domaines de l'agriculture et de l'utilisation du territoire.

La minorité palestinienne est totalement exclue des actions ou décisions prises par ces organisations que ce soit comme bénéficiaire ou comme participant. De plus, il n'existe aucune organisation similaire ayant les mêmes droits et fonctions mais travaillant pour les non-juifs. En conséquence, les besoins de la minorité palestinienne sont systématiquement ignorés!

* Ceux qui n'ont pas fui ou été expulsés lors de l'indépendance d'Israël mais qui ont été forcés de s'établir en d'autres régions d'Israël, souvent en étant expropriés.