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Lors de la guerre de 1948 qui suivit la création de l'Etat d'Israël sur 77 % de la Palestine, quelque 750'000 Palestiniens furent déplacés et dépossédés de leur biens, de leur maisons et de leur terre. Approximativement 100'000 personnes restèrent sur le territoire qui allait devenir l'Etat d'Israël et devinrent citoyens israéliens. Environ 40'000 d'entre eux furent déplacés à l'intérieur du nouvel Etat et pour la plupart empêchés de retourner chez eux, quand bien même ils étaient israéliens.
En 1950, l'ONU a créé une agence spéciale l'UNRWA pour venir en aide aux réfugiés répartis un peu partout dans la région.
La guerre de 1967 (guerre des six-jours) provoqua à nouveau l'exode de 350'000 personnes. Pour beaucoup d'entre eux, cet exil était le deuxième
Aujourd'hui, on estime à 5 millions le nombre de réfugiés, soit à peu près le 70% de la population palestinienne dans son ensemble. Ils sont répartis dans 59 camps en Cisjordanie, dans la Bande de Gaza, en Jordanie, en Syrie, au Liban ainsi qu'individuellement dans le monde entier. Les deux demandes principales des réfugiés sont leur droit au retour et une juste compensation. Ces demandes se basent sur la résolution 194 de l'Assemblée Générale de l'ONU du 11 décembre 1948.
Des versions différentes
La version israélienne de l'Histoire, profondément marquée par l'idéologie sioniste, est complètement différente de celle des Palestiniens. La plupart des Israéliens rejettent la responsabilité du problème des réfugiés sur les pays arabes, argumentant que ceux-ci ont refusé le plan de partage de la Palestine de l'ONU et déclaré la guerre à Israël en 1948. De plus les Israéliens ont longtemps affirmé que les pays arabes avaient recommandé aux populations palestiniennes de se retirer, jusqu'à ce que leur armée écrase les sionistes. On sait aujourd'hui que cela n'est pas vrai. Toutefois, peu de gens en Israël admettent le point vue palestinien, ces derniers accusant au contraire les Israéliens d'être responsables d'un véritable "nettoyage ethnique" et argumentant qu'en échappant d'Europe et de la tragédie de l'Holocauste, ils ont à leur tour créé une autre tragédie, de pertes et d'exil pour les Palestiniens.
La version palestinienne de l'Histoire est corroborée par une nouvelle génération d'historiens. Ils affirment que, même s'il n'y a peut-être pas eu de politique coordonnée de "transfert" des populations palestiniennes, les pères fondateurs d'Israël avaient admis qu'une forte population arabe pouvait menacer le caractère juif du nouvel état. Les dirigeants israéliens d'alors ont utilisé la menace ou la force pour terroriser les Palestiniens et les inciter à partir en grand nombre. Le cas le plus frappant de cette politique fut le massacre de Deir Yassin qui fut perpétré le 9 avril 1948 et au cours duquel plus de 100 villageois furent tués. Ce massacre fut mené par deux factions juives irrégulières, l'Irgoun et le Stern.
Même si les versions palestiniennes et israéliennes de l'Histoire sont assez éloignées, il ne peut y avoir d'équivoque sur le transfert massif de biens et de propriétés appartenant à des palestiniens en faveur de juifs israéliens. Quand l'Etat d'Israël déclara son indépendance en 1948, les juifs contrôlaient environ 8% du territoire; le gouvernement britannique en détenait 6 ou 7% supplémentaires.
Aujourd'hui, la situation est totalement inversée puisque 93 % du territoire est détenu par des juifs israéliens. Une grande partie de cette terre a été confisquée aux réfugiés palestiniens vivant aujourd'hui en dehors d'Israël ainsi qu'à une partie de ceux qui sont restés dans les frontières du nouvel Etat. Les immigrants juifs se sont rapidement établis sur les terres appartenant aux réfugiés, habitants parfois leurs maisons, érigeant de nouvelles villes près ou sur les ruines de villages palestiniens rasés au bulldozer.
Sources :
Badil
Center for Policy Analysis on Palestine
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