|
Fin novembre 1997, je me suis rendue dans quatre des sept villes des "territoires occupés" devenues autonomes par application des accords d'Oslo. En sillonnant les routes de Jérusalem au Jourdain, et de Naplouse à Gaza, en écoutant des témoignages, plus tard en relisant l'histoire de ce pays, j'ai découvert une réalité que je m'étais employée à nier depuis toujours et j'ai compris qu'il était temps d'en finir avec un aveuglement consenti.
Petit à petit, je voyais s'effondrer, non sans douleur et sans déchirement, un système d'affirmations rassurantes, répétées, et souvent légitimes l'audace du peuple juif, la nécessité de sa sécurité. Et derrière elles, se profiler l'existence d'un peuple, le peuple palestinien, de sa terre terre ancienne, habitée, nourrie de culture, de religions, d'influences arabes, chrétiennes, juives.
La "cause palestinienne" a été trop souvent le prétexte ou l'alibi d'un retour de la judéophobie. Mais l'indispensable mémoire de l'Holocauste aurait-elle jamais dû servir à masquer les épreuves subies depuis des dizaines d'années par le peuple palestinien, et à justifier la politique menée par Israël dans la partie occupée de la Palestine.
|